Édito OA n°237

À moitié vide ou à moitié plein ?

Je suis tiraillé. Tout contraint. Ni pleinement joyeux, ni foncièrement triste. Pourtant le printemps, c’est ma saison. Primo, je suis né le 21 mars (et je ne vous dirai pas quelle décennie). Convenez qu’on peut difficilement faire plus printanier, même si les autorités décident parfois que la date officielle à fêter, c’est le 20 (n’importe quoi…). Ensuite, les jours rallongeront à partir du 31 mars. Une autre occasion de s’esbaudir, de trouver de la beauté à tous les marronniers bourgeonnants de Paris (ce qui, pour un journaliste, ne manque pas sel), de veiller plus tard quand on aime chouiller -j’ai arrêté en 1996- ou de partir du bureau, ô miracle, alors que le soleil ne s’est pas encore couché… Toujours dans la série satisfaction, j’aime bien les autos que nous essayons depuis le début de l’année. Pour être totalement honnête d’ailleurs, depuis l’automne précédent. Régulièrement, j’ai pris des baffes question plaisir de conduite même s’il y a bien longtemps que je n’en espérais plus. De la sportive, beaucoup, de l’Anglaise, surtout, mais aussi quelques jolies surprises au cerceau d’inattendues prétendantes exotiques. Mieux : les prochains mois vont contribuer à alimenter cette tendance et je ne suis pas à l’abri, au gré des sujets à venir (pensez-bien qu’on les connait déjà puisqu’on se creuse à vous les dénicher) et autres road trips, de découvrir celle qui illuminera mes jours et hantera mes nuits, comme toute machine profondément jubilatoire au budget inaccessible…

LA MÉDAILLE A SON REVERS… DE LA MAIN

Ça, c’est pour la partie pleine du verre de jaja (ou de jus de goyave si vous ne votez aucune vertu à notre raisin fermenté). Reste que comme tout le monde, j’ai des raisons de le voir à moitié vide et la conjoncture veut que le pessimisme, la noirceur ou tout autre état de fait dont le substantif vous apparaîtra plus à-propos ait des chances de s’installer durablement. La raison ? à votre avis… Vous me connaissez bien aussi comme d’autres de la rédac’ pourrez-vous passer en revue ce qui, au fil de l’année, me gonfle assez pour que je vous en fasse part dans un éditorial, ce défouloir teinté d’égoïsme qui m’offre l’occasion de pester tout en m’épargnant le coût d’un psy (ou d’un godet au rade, pour les plus radicaux !). Au hasard des numéros, le gouvernement (souvent), les cons (tout le temps), les connes (la fréquence augmente…), les mal élevés (no comment !) ont toutes et tous l’honneur de s’y voir conchié(e)s. Mais jamais, jusqu’à aujourd’hui, je n’avais eu l’insigne privilège de vous dire tout le bien que je pense des gilets jaunes… Des « faux », s’entend, la noble cause des initiateurs légitimes ne pouvant souffrir la critique, sur le fond au moins. Je vous parle des autres, ces chevaliers téméraires qui ont fait de la cagoule leur porte-étendard. De ces manieurs de pavé mêlant débat et battue, de tous ces hors-la-loi qui confondent révolution et insurrection, transformant la gronde en anarchie pathétique dont la conséquence, loin de la réaction étatique espérée, sera le dégoût du peuple. Ça suffit. Dix-huit semaines, à l’heure d’imprimer, de castagne infertile. Des Français tombent au chômage technique. à cause de qui ? D’autres risquent le dépôt de bilan. Pas les poseurs de pare-brise, l’automobile, c’est évident, étant la première victime de la courageuse croisade, premiums et autres sportives trouvant refuge dans les sous-sols pour ne pas essuyer la vengeance anti-riches. Méfiez-vous, emmerdeurs décérébrés : la vox populi gronde et quand le barrage populaire vous fera front, c’est à la France entière que vous rendrez des comptes.

Frédéric Lardenois

 

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