PIERRE QUI ROULE…

Option Auto n°281 (Août / Septembre 2026)

S’il aura fallu que Serge soit cocu pour qu’il soit content, je ne m’avoue que fatigué mais ça fonctionne aussi. Je suis las mais béat. Au bord de l’épuisement mais heureux puisque « comme Ulysse, a(i) fait un beau voyage ». Encore mieux, j’en viens et j’y retourne. Alors que la tendance est au raccourcissement des distances, autophobie et coût exponentiel du carburant aidant -quand bien même les détroits s’étroitisent et les états se rétablissent…-, je n’ai jamais autant aimé rouler. épargnez-moi l’avion dont la logistique m’horripile et le train dont les retards n’ont d’égal que le coût exorbitant : en deux comme à quatre roues, j’aime la liberté d’un départ improvisé et celle d’un road book reliant des POI dont vous seul définissez le classement. Si Jean disait que la montagne est belle, l’amateur qui sommeille en vous « ferrat » comme bon lui semble en optant pour la campagne ou le littoral. Peu importe la destination tant que le trajet contribue au plaisir d’y arriver : rouler c’est découvrir, découvrir c’est rencontrer, rencontrer c’est apprendre. De l’autre, sur l’autre, et sur l’indicible richesse qui fait de la France un pays que le monde nous envie. Parce que si les Français (une partie d’entre eux, à coup sûr) sont la risée du monde, la France n’a jamais eu autant la cote. Trimbalez-vous mi-juillet dans Paris : on y parle davantage chinois que breton… Parce que la capitale est unique, que Lutèce est sublime et Paris est magique -des fois-, même si je regrette pour le touriste qu’il se cantonne à ma ville quand tant d’autres méritent le détour voire dans le meilleur des cas, telle une table reconnue, justifient le voyage.

Trouver le spot qui séduit, voilà près de 20 ans que nous y travaillons. Au quotidien déjà, puisque les destinations pour les reportages de chaque numéro sont soigneusement choisies. Et une fois l’an bien sûr, pour le road trip dont la première édition, avec cinq Audi dans les Côtes-d’Armor -pendant 48 h seulement !-, fêtera ses 20 ans en mars prochain. Deux décennies à enquiller des bornes par milliers aux quatre coins de l’Hexagone avec ce que la production compte de meilleurs engins, ou comment mémoriser les spots inédits, les producteurs de qualité et les bitumes les plus sexy… Cette année, c’est le Tarn qui nous a ouvert les bras : paysages pluriels, accueil ciselé, douceur de vivre auront tôt fait de nous séduire et pour preuve, j’y retournerai au mois d’août en famille. Parce que si nous nous escrimons à nous enfoncer dans nos terroirs, c’est pour que vous aussi partiez à la découverte de notre patrimoine et reproduisiez l’expérience.

Nous avons découvert en juin des routes dont je sais qu’elles plairont à tous les amateurs de balades. Des artisans qui rendront dingue ma descendance gourmande. Sans aller vite, sans courir, sans me presser surtout, je vais consacrer une partie de mes congés attendus (tu m’étonnes), nécessaires (vous verriez ma trombine) et mérités (je veux) à regoûter au bon et persister à dénicher le meilleur. Vous êtes sans cesse plus nombreux à nous dire vouloir découvrir la France autrement donc nous allons continuer à la parcourir en long et en large pour que tous en profitent. Roulant, technique, apaisé, sportif, à chaque département son tracé type. Munissez-vous de cet opus 281 si vous faites un passage par le Tarn, il fera office de sésame auprès de celles et ceux que nous y dévoilons. Car le club des jouisseurs gagne des membres à mesure qu’on leur interdit toute source de plaisir. Tant que la liberté vous sera promise, vous trouverez au volant, entouré de ceux qui vous sont chers, l’assurance que les valeurs qui nous rassemblent ne sont pas encore perdues. Empathie, respect, rigueur, sincérité, confiance, générosité : il est des vertus sur lesquelles l’ânerie, l’égotisme et l’inconséquence ambiants n’ont pas de prise. Visez le bon pour fuir le con, faites le don de votre meilleur ton, dites non à ces faux noms qui vous empêchent de tourner en rond. étalez-vous, fondez-vous, relâchez-vous sans autre but que l’apaisement : les vacances sont trop courtes pour les vivre contraints. Retrouvez, cet été, le goût de la découverte. C’est la seule richesse inépuisable.
 
Frédéric Lardenois
 

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