DONNEURS DE LEÇONS…
Option Auto n°282 (Octobre / Novembre 2026)
Option Auto n°282 (Octobre / Novembre 2026)
Sauf à avoir des parents laxistes et égocentriques (les premiers Z finiront bien par se reproduire…), ça commence souvent comme ça. Finis ta soupe. Range ta chambre. Lave-toi les dents. Va te coucher. Comme la mauvaise herbe, on finit tous par pousser, subissant l’évolution idoine des responsabilités confiées : fais tes devoirs. Viens mettre la table. Passe ton bac. Trouve-toi un job… Plus tard, après que la recommandation soit devenue ordre, l’ordre redevient conseil induit, sous couvert d’une hiérarchie -parfois- légitime d’autant plus incomprise que le respect et la loyauté sont partis avec l’eau du bain. T’as fini la présentation qu’on attendait pour hier ? T’en es où du dossier Schmoldu ? Est-ce que tu serais assez aimable, à périmètre constant à N-2 (et pardonne-moi si je te dérange pendant ta séance de méditation sur TikTok sur tes heures de travail), pour assister à la réunion qu’on a organisée pour anticiper la répartition du télétravail et des RTT ?! Je dérive, peut-être… L’idée, pourtant, reste un fil d’Ariane auquel je m’accroche tel le voltigeur pris de vertiges à la via ferrata qui le maintient en vie. Depuis toujours, on écoute. On adhère, dans un premier temps, quand on comprend que c’est fait pour grandir. On s’instruit ensuite, toujours pour évoluer, et à son tour gagner le droit de transmettre le conseil, la bonne parole, éduquer sa descendance sur la base de vertus et de valeurs dont on a la conviction qu’elles sont communes donc immuables. Le hic, c’est quand l’orateur est beau parleur, que le tribun est gueulard et que le message ne passe qu’à renfort de décibels. Moins audible à mesure qu’elle est envoyée avec puissance, l’information coince. Racle les bords. Fait grincer des dents jusqu’aux gonds, dont on peut sortir à force d’écarts.
À trop neutraliser les identités, lisser les rapports humains, prôner la tolérance sur fond d’intolérance brute, on court après la norme qu’on n’a jamais connue et finit par la trouver là où elle est indispensable, tout en haut de l’État. Je n’aime pas trop ce que je vois. Pas trop ce qu’on vit. Pas tant pour moi que ceux que je laisserai, seuls avec mes primo-conseils, trouver l’équilibre parmi les gabegies des décideurs nihilistes et contradictions des révolutionnaires larvés. à vouloir tout envoyer valser, mais sans éducation pour organiser les fruits de cette liberté nouvellement trouvée, le civil laisse au pénal l’administration de ses idées. Qu’on me dise, ado, ce que je ne devais pas faire, passe encore : la motivation à la source de l’idée était mon évolution vers le bien. Qu’on me dise, adulte, ce que je dois faire, et je m’insurge. Me soulève. Pire : par esprit de contradiction ou rébellion bourgeoise, ça me pousse vers les contraires. Je n’acceptais pas, à vingt-cinq ans, qu’on me dise ce que je devais voter, alors imaginez au double.