Ce n’est pas au vieux singe…
Option Auto n°279 (Avril / Mai 2026)
Option Auto n°279 (Avril / Mai 2026)
… qu’on apprend à faire la grimace. Vous avez le bonze (qui beat ?) dont l’isolement constitue la plus grande liberté. Le canard dont les plumes hydrophobes se rient de la pluie. Le bobby qui tient sa place en dépit de la distraction. Pour rester droit comme un i, être insensible aux agressions, atteindre le mushin vanté par I Am dans Cosmos, pas trente-six solutions : vous avez médité pour (le moine), êtes né comme ça (le colvert) ou avez été formé dans ce but (le Britannique au bout touffu). Je ne vais pas vous raconter ma vie, l’idée n’étant pas que vous bloquiez sur la page sept, et vous dirai simplement que je suis susceptible mais incapable de « bouddher » et que je n’ai pas -du tout- l’aéro d’un volatile… à l’inverse, je partage avec l’Anglais de faction une dose de flegme inédite dont je me surprends à constater qu’elle grossit avec les années, troublant miroir d’une anatomie déliquescente que la gravité s’évertue à attirer vers le sol. De la tempérance découle la sagesse, de la tolérance l’ouverture et de l’expérience la connaissance de soi, de ses goûts et de ses envies. Il est ainsi curieux -mais amusant- de vérifier que ce numéro printanier rassemble bon nombre de mes petits plaisirs. Et que la plupart desdits satisfecit aient la régularité pour point commun. Parce que si je suis ouvert, comme vous, aux surprises et à l’inédit, rien n’est plus apaisant que la connivence. Pourquoi les couples tiennent ? Parce qu’ils se plaisent, se séduisent, se font rire… Mais surtout parce qu’ils s’entendent. Se complètent. S’équilibrent. Et cette symbiose existe entre les vivants comme leurs créations. Atteindre le demi-siècle pour comprendre quels sont les plaisirs à privilégier fleure bon la candeur, mais s’y tenir sous-tend une bonne dose de témérité : évincer le superflu, recentrer sur l’essentiel, faire fi du parasite, un exercice périlleux qui suggère que vous savez vous passer de certains ou de certaines choses, quel qu’en soit le prix.
Pour moi, c’est définitif, je ne peux plus me priver de la mer (à ce stade si vous ne vous dites pas que je suis confit, c’est que vous me connaissez par cœur…). D’une manière ou d’une autre, vérifiez bien, pas un numéro sans que nous y emmenions une nouveauté. J’y respire, j’y inspire, j’y aspire et n’ai qu’un désir, y lâcher mon dernier soupir. Pour célébrer le mois de février, nous y sommes allés en 911. Un engin plus vieux que moi, sage et expérimenté (comme moi…), athlétique et performant (oh ça va !) et qui n’a jamais porté aussi beau (à vot’ bon cœur). Pourquoi l’aime-t-on autant au-delà de ses menus défauts -réels- ? Il rassure. Prouve qu’on peut durer sans lasser, mûrir en progressant, vieillir sans se flétrir. Même combat pour le rassemblement, début mars, de nos deux Golf GTI. Dont la première itération naissait quelques mois après votre serviteur en cette année caniculaire synonyme de grands champagnes, autre plaisir ineffable dont je refuse de me détourner.