Édito OA n°229

Mes biens chers frères…

Je n’ai pas été frappé par la lumière divine mais je confesse m’interdire tout boogie-woogie avant les prières du soir. Confronté à un miracle dont Lourdes aura tout le loisir (c’est la base) de nous certifier l’authenticité, j’ai vu la lumière. Oui, maintenant, j’y vois clair. Sans doute parce qu’il fait jour et dans mon cas, c’est inédit. Pas empiriquement, pour reprendre un adverbe que mes camarades me reprochent d’utiliser à toutes les sauces, façon grand veneur. Plutôt au sens factuel, autrement dit stricto sensu (in nomine patris fluctuat nec mergitur, la Seine étant toute proche…), puisque je décèle assez distinctement mon clavier. L’écran noir de mes nuits blanches n’existe plus : il se contente d’afficher mes idées noires aux coudées franches. Autour de moi, dans la rédaction, pas un éclairage artificiel. Allumé, s’entend ! De ceux, blafards puisqu’à basse tension, qui alimentent nos errements typographiques depuis des lustres, attestant d’une dernière nuit de souffrance que les deux mois à suivre ne parviennent jamais à panser.

AINSI SOIENT-ELLES ?
Je ne sais donc pas si j’ai les idées claires mais j’y vois. L’extraordinaire ? Nous bouclons et j’ai encore toute ma tête. Je n’ai jamais, et je suis ici convaincu de la fiabilité de ma mémoire pourtant déclinante, rédigé l’éditorial d’Option Auto de jour. Plusieurs explications à cela. La première, et pas des moindres, tient dans notre faculté sans pareille à nous mettre en retard quoique partis avec de l’avance. La seconde : la page 3 (dans ce cas précis, me souffle-t-on, c’est la 5) est toujours la dernière à être écrite et je vis sa validation comme une petite victoire sur le temps. Quand j’ai fini l’édito, je suis comblé tel le conquérant (de la lumière) qui plante l’oriflamme (kueche) sur la terre qu’il s’approprie… Dernière raison : je lis la presse. Je sais, c’est dingue (et si vous et moi faisons partie des tout derniers, vous prendrez bien garde à ne pas trop le répéter). Juste histoire d’ajouter une note d’actu pour étayer mon propos lequel, excusez la frivolité saisonnière, consiste -pour résumer- à annoncer que ce numéro est un spécial Porsche, que nous avons trouvé des engins exclusifs, des personnages hors norme et vous offrons, parce qu’il y a plus et qu’on laisse, une montre à 1 500 E. Barbant ? La presse, disais-je, m’a appris que vous et moi devions être contents -pardon, contentes- de ce beau programme. L’avenir est à l’écriture inclusive, autrement baptisée « égalitaire ». Mon avis me vient d’une vieille règle de math élémentaire : « moins par moins, ça fait plus ». Personne ne se demande si le moins est un homme ou une femme, mais tout le monde s’entend sur le fait que le résultat est positif, non ? Au train où vont les choses, on va nous annoncer que les femmes conduisent aussi bien que les hommes… Je sors ?

Frédéric Lardenois

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