Édito OA n°230

Periculum, pericula

Quand vous lirez ces lignes, l’année sera déjà amputée d’un douzième et l’actualité me pousse à croire que ni vous ni moi ne nous en plaindrons. Entamant le mois de février, plus rien ne m’oblige à vous abreuver de mes vœux ni confier mes résolutions, mais je m’en vais partager une information personnelle capitale. J’aime beaucoup David Fincher. Et parmi toutes ses réalisations (Seven, Fight Club, House of Cards et Gone Girl, pour citer les plus ratées…) j’admets volontiers me pourlécher les babines à l’idée de revoir The Game. Ambiance sombre, musique collante, jeu pervers et dialogues à double sens parmi lesquels une phrase que j’ai mis vingt ans à intégrer. Celle de l’avocat de Michael Douglas demandant, posément « dois-je m’inquiéter Nicolas ? Dites moi de ne pas m’inquiéter ». Et ce faisant, le bonhomme de repartir rassuré par un patron hypocrite. Force de conviction, détachement sincère ou pure confiance en l’homme, j’ai longtemps hésité entre les trois pour savoir comment un adulte pouvait se rassurer en se l’entendant dire. Je vieillis plus que je ne mûris mais l’air de rien, le postulat a fait son chemin et si j’étais aveugle, maintenant je vois : s’inquiéter, c’est souffrir deux fois. Depuis début 2018, tout contribue à alimenter de sérieuses inquiétudes sur notre avenir d’automobilistes. De manière générale, je trouve les voitures chères, et je sais de quoi je parle… Débourser 35 000 € pour un Mini Clubman milieu de gamme, 50 000 € pour un Renault Espace TCe voire 100 000 € pour un GLC 63 AMG, ça me laisse rêveur. Pour ne rien gâcher, le prix du carburant décolle, diesel en tête. Et dans le même temps, la cote d’occasion de ces nouveaux parias roulants de s’écrouler… Pour autant, ne pensez pas que l’État compense en défendant l’essence : jamais les malus n’ont été aussi forts et si la douleur n’est pas assez violente, voilà que s’ajoute une taxe sur les occasions. Le tout saupoudré de prunes établies par des sociétés privées (c’est bon pour le transit) et de limitations à 80 km/h sur -tout- le réseau secondaire : je me dis que tout ça fleure bon le caca frais pour les acheteurs comme les constructeurs, bien en mal pour évacuer -en France s’entend- leurs « signes extérieurs de richesse » rebaptisés en super-taxe pour les plus de 36 CV… Mais j’ai peut-être une ébauche de solution, citrate de bétaïne miraculeux pour indigestion maousse. .

LA BONNE MÉTHODE, C’EST LA VÔTRE
Convaincu que vous aussi vivez cette « transition énergétique responsable » comme un gommage à la semoule pas cuite, je m’en vais partager avec vous une maxime que je garde de mes années de latin. Une phrase lâchée par un professeur de seconde assez motivé pour faire cours le samedi matin à douze pubères masturbateurs mais lassé par l’inattention de son auditoire boutonneux : le stoïcisme est un héroïsme intérieur. Ne nous étonnons pas de la désaffection de l’aréopage de lycéens devant tel monument de bon sens mais l’un dans l’autre -ou l’inverse-, je serai toujours reconnaissant à cet enseignant pour un cadeau plus marquant que les versions et thèmes qu’il m’infusa à l’époque. « Le stoïcisme est un héroïsme intérieur ». Mâchez et méditez. De mon côté, je me remets au tricot de mon costume de super-héros…

Frédéric Lardenois

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