Édito

Il était une fois l’homme

Sans doute serez-vous étonné d’apprendre que j’ai toujours nourri pour l’être humain une relative méfiance. C’est un fait, et ça ne date pas d’hier : je ne suis pas construit comme certains qui parviennent à ressentir de l’empathie pour leurs contemporains et ce, sans avoir la moindre idée sur la personne à laquelle ils ont affaire. Moi, pour m’épancher, me livrer ou palabrer des heures, il faut que je trouve la connexion. Le fil qui dépasse immanquablement du polo neuf et sur lequel vous vous escrimez à tirer, même si vous savez qu’il va détricoter la bête. à la rédaction d’ailleurs, il est fréquent qu’on me le dise… « De toutes façons t’aimes pas les gens ». Erreur : je n’aime pas les cons. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il s’en cache un peu partout. Or, à titre professionnel, je rencontre plus de monde que la moyenne. Ce qui, les règles générales de la probabilité s’appliquant, m’amène à croiser plus de cons que la majorité de la population… Et ces temps-ci, je confesse volontiers en avoir découvert beaucoup, dont certains s’ignoraient (comme Simone), la plupart étant atteints à des niveaux variables. Un point commun, toutefois : une conviction profonde de leur savoir-faire et une réelle assurance -qu’on pourrait leur envier…- à essayer de l’infuser à tous ceux qu’ils parasitent. à ce train là, comprenez que je peine à me défaire d’une réputation d’ours mal léché que mêmes mes camarades de jeu vont jusqu’à entretenir ! Est-il humainement possible de croire en l’homme si ses représentants sont sans cesse plus vils, médiocres et dénués d’intérêt ? Et bien oui. Chaud devant, je me jette à l’eau sans brassard et tente une incursion en terre inconnue : je reprends espoir. Ou à dire vrai, je commence à nourrir l’espoir qu’il pourrait y en avoir un. J’ai rencontré des gens. Au-delà de mon petit cercle personnel au sein duquel je me complais volontiers, s’entend. Des femmes, des hommes, même des enfants, dont l’extraordinaire capacité à transmettre leur savoir et leur aura vous impose d’en n’être à votre tour que les dépositaires. Peut-être qu’avec l’âge, on se plait à chercher du bon et j’admets nouvellement voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Mais à coup sûr, une levée de boucliers est en marche. Une petite révolution s’organise un peu partout. Chez les passionnés, surtout, qu’ils soient pro-auto, pro-vélo ou pro-macramé. Un coup d’état mais pas contre l’état : contre les cons. Et cette énergie positive m’a happé tel un poisson rouge d’aquarium gobant sa pitance en sphaigne : en tant que journaliste, nous avons plus de devoirs que de droits. Je n’ai jamais, du moins je l’espère, failli à mes obligations vis à vis des lecteurs. Certes, parfois l’emballeur est culotté mais il franchit rarement la ligne… Désormais, tenez-le vous pour dit : l’homme sera au cœur de nos numéros. Parce que notre passion, c’est vous, nous allons vous offrir la place que vous méritez, centrale. Cet Option 227 est un anniversaire. Celui des dix ans de notre road trip. L’occasion de vous en dévoiler un, magique, réalisé dans une région… Magique, entourés de personnages attachants dont nous espérons que vous irez vite les voir à votre tour. Nos bougies soufflées, nous repartirons au travail après quelques jours de repos, et il nous en faudra pour tenir les délais : dès la rentrée, quand nos petits bouts fileront fièrement vers l’école avec leur trousse neuve pour apprendre tout ce qui les aidera à nous suivre pendant des années j’espère, vous découvrirez une nouvelle formule de votre magazine. Dense, fouillée, remise à plat. Et débordante, comme moi, de confiance dans le bon sens de l’homme. En attendant, filez page 30 !

Frédéric Lardenois

 

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